Lorsque les ateliers de Tubize sont créés en 1854 par un industriel, le sieur Zaman, ils ne sont en réalité qu’un élément d’autres chaines industrielles. A l’époque, la construction de locomotives n’est pas le but ultime du fondateur, il s’agit en réalité d’un accessoire à d’autres activités, dont l’extraction de pavés de porphyre dans la région. Au cours des premières années, les ateliers connaîtront divers noms, et activités, toutes liées aux ambitions des principaux actionnaires et du fondateur.

Action de 1880 La Métallurgique

Action de 1880 La Métallurgique

Néanmoins les ateliers construisent et entretiennent des locomotives et l’activité se précise rapidement. Les actionnaires sont à la fois à la tête d’une société qui fabrique les locomotives, mais qui simultanément s’occupe d’exploiter des lignes de chemin de fer, ou bien utilise le chemin de fer comme moyen de transport de ses propres productions. En 1867 les activités de Nivelles et Morlanwelz se joignent à la société existante. En 1873 la société prend le nom de “Société Métallurgique et Charbonnière Belge” dont les activités sont très variées, Châtelineau s’ajoute au consortium, suivi encore par les ateliers de la Sambre. Tout cet ensemble est fort hétéroclite et fini par être unifié et simplifié en 1880 sous le nom “La Métallurgique” et dont l’objet est la construction de matériel. Les autres activités sont cédées ou abandonnées.

C’est donc auprès de cette “nouvelle” structure que sera commandée, par adjudication en 1887, la 303, dans un petit lot de 4 machines…

A noter que cette structure se dote d’une filiale en France, bien connue sous le nom de Blanc-Misseron (Crespin) pour contourner les lois françaises un rien protectionnistes (à l’époque).

Vers 1905 la société devient les “Ateliers Métallurgiques” et comporte trois sites en Belgique : Tubize, La Sambre, et Nivelles. En 1929 s’ajoutent les anciennes forges de Manage, qui constitue alors le quatrième site de l’entreprise.

Site de Tubize dans les années 30.

Site de Tubize dans les années 30.

Après la deuxième guerre le déclin du site est inévitable. La vapeur est en perte de vitesse et les tentatives de reconversion échouent malgré l’assemblage de quelques séries de machines diesel et d’autres engins. Le site de Tubize est alors abandonné en 1958 mais les “Ateliers Métallurgiques” ont entre-temps été fusionnés avec la “Brugeoise et Nivelles”, elle même une fusion d’autres petites entités. Par la suite c’est le nom “BN” qui sera utilisé jusqu’au rachat par le propriétaire actuel, Bombardier.

Plus qu’un site, Tubize s’est fait un nom. Avant la deuxième guerre, l’usine aura construit plusieurs centaines de machines toutes catégories confondues. Tubize laissera aussi une empreinte, la loco type “Tubize” distribuée dans le monde entier. Et pour ce qui nous occupe, rien qu’en “petites” locomotives type “tramway” ce sont environ 700 pièces qui auront été assemblées par Tubize, à nouveau, avec une très vaste distribution géographique…

Le site des usines de Tubize a lui été abandonné au cours des fusions successives et est à présent un parking proche de la gare, avec une grande surface qui occupe une partie.

 

Références : 

Le Musée de la Porte à Tubize reprend un historique ainsi que des documents sur les Ateliers de Tubize et leurs différentes appellations.